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Risques de grossesse

Grossesse extra-utérine : les symptômes et le traitement


Ecrit le 10/10/2019 par Chrystelle Lacouara, Rédactrice
Modifié le 13/06/2022 par Jennifer Trouille, Rédactrice Web

Chaque année, environ 2 % des grossesses sont des GEU, autrement dit des grossesses extra-utérines. Ce taux représente 16 000 grossesses, selon la Haute Autorité de Santé. Cette grossesse se caractérise par une implantation de l’œuf en dehors de l’utérus, ce qui rend l’évolution de la grossesse malheureusement impossible. Au-delà de la perte de l’embryon, il s’agit d’une urgence gynécologique pour la santé de la femme enceinte. Alors quels sont les signes à surveiller pour déceler une grossesse extra-utérine et quels sont les traitements possibles ? On fait le point avec vous.

 

 

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Grossesse extra-utérine : les symptômes d’une grossesse vouée à s’interrompre

Une grossesse extra-utérine, aussi appelée grossesse ectopique ou GEU, se caractérise par certains symptômes distinctifs : 

  • saignements, généralement de couleur brune ou rouge foncé,
  • douleurs dans le bas ventre, généralement d’un seul côté.

Néanmoins, les symptômes d’une grossesse extra-utérine peuvent également être les mêmes que dans le cas d’une grossesse intra-utérine, c’est-à-dire une grossesse classique :

  • nausées,
  • vomissements,
  • retard de règles,
  • cycle menstruel plus long que d’habitude,
  • douleurs abdominales et / ou aux seins,
  • légers saignements au moment de l’implantation de l’œuf,
  • fatigue.

Enfin, dans certains cas, la grossesse extra-utérine passe totalement inaperçue chez la femme enceinte.

Lors d’une grossesse classique, l’ovule fécondé poursuit son chemin jusque dans l’utérus pour s’y implanter et commencer la phase de nidation. Lors d’une grossesse ectopique, l’œuf part, dans 95 % des cas, se loger dans les trompes de Fallope, et plus rarement au niveau du col de l’utérus, de l’ovaire, ou encore dans la cavité abdominale. Bien que le fœtus se développe normalement les premières semaines, inexorablement, l’espace va venir à manquer pour qu’il puisse continuer à grandir : il n’est alors plus viable.

Si vous ressentez un ou plusieurs de ces symptômes, consultez un gynécologue ou une sage-femme dans les plus brefs délais.

Quand a lieu le diagnostic d’une grossesse extra-utérine ?

La grossesse extra-utérine est souvent détectée lors d’une première consultation de grossesse ou en urgence si les douleurs sont trop persistantes.
Pour confirmer la grossesse de la patiente, qu’elle soit extra ou intra-utérine, le médecin a besoin de trois éléments :

  • une échographie, celle-ci permet de détecter la présence ou l’absence de l’œuf dans l’utérus ou dans les trompes de Fallope ;
  • un toucher vaginal ;
  • une prise de sang.

La prise de sang permet de dater le début de grossesse et de vérifier le taux d’hormones bêta-HCG présent chez la femme enceinte. Ainsi, un taux d’hormones bêta-HCG anormalement bas et qui ne présente aucune évolution entre deux prises de sang permet un diagnostic sûr d’une grossesse extra-utérine.

Néanmoins, l’implantation dans ou hors de la cavité utérine n’est pas toujours facile à repérer quand la grossesse est peu avancée.
 

La grossesse extra-utérine, une urgence gynécologique

Une grossesse extra-utérine est une urgence gynécologique qui nécessite un diagnostic et une prise en charge le plus tôt possible. En effet, une GEU peut mettre la vie de la femme enceinte en danger :

  • La GEU peut mettre en jeu le pronostic vital de la future maman : elle est d’ailleurs une des premières causes de mortalité maternelle en début de grossesse ;
  • une grossesse ectopique peut entraîner la rupture de la trompe de Fallope où l’œuf est implanté, provoquant ainsi une hémorragie interne.

La GEU, des causes variées

Lorsque l’ovule est fécondé, il va ensuite migrer dans l’utérus avant de s’y implanter et de devenir embryon. Dans le cas d’une grossesse ectopique, l’œuf n’a pas pu descendre : cela veut souvent dire que la trompe de Fallope est altérée.
Différents facteurs peuvent favoriser une grossesse ectopique :

  • une infection (salpingite, chlamydia) ;
  • si vous avez déjà vécu une GEU, le risque de récidive est plus important ;
  • si vous souffrez d’endométriose ;
  • des antécédents d’interventions chirurgicales des trompes de Fallope ou de la zone abdomino-pelvienne ;
  • l’âge : une grossesse tardive (après 35 ans) doit être scrupuleusement surveillée ;
  • des tentatives de FIV ;
  • le tabagisme ;
  • des problèmes d’infertilité ;
  • enfin, dans de très rares cas, la présence d’un dispositif intra-utérin (stérilet).

Même si la survenue de cette grossesse extra-utérine est difficile à accepter, sachez que vous n’avez pas à culpabiliser. Toutes les femmes sont susceptibles de vivre une GEU au cours de leur vie, quels que soient leurs antécédents médicaux.

Grossesse extra-utérine : quels traitements selon les cas ?

Lorsque la grossesse ectopique est prise en charge assez tôt, un traitement peut être mis en œuvre pour sauver la trompe concernée et ainsi maximiser les chances de vivre une nouvelle grossesse par la suite.

Si dans 20 % des GEU, l’œuf finit par s’éliminer naturellement, un traitement est généralement nécessaire :

  • Le traitement médicamenteux : l’objectif est alors d’interrompre la grossesse en stoppant le développement de l’embryon grâce à une injection de méthotrexate. À noter que le méthotrexate n’a aucun impact sur la fertilité de la femme ;
  • le traitement par chirurgie : une intervention chirurgicale est programmée afin de retirer l’embryon, à l’aide d’une cœlioscopie. Selon l’état de la trompe, le chirurgien décidera s’il est possible ou non de conserver l’organe de la patiente.

Quel que soit le traitement utilisé, la patiente bénéficie d’un suivi médical pour s’assurer que l’œuf n’est plus dans les trompes et qu’elle est en bonne santé.

Si la femme souhaite de nouveau tomber enceinte, il est conseillé d’attendre au moins 3 mois après l’injection de méthotrexate ou la chirurgie

Quelles sont les conséquences d'une grossesse extra-utérine ?

Dans le cadre d’une grossesse extra-utérine, le risque est d’avoir un ou plusieurs organes endommagés, principalement suite à une intervention chirurgicale, réduisant parfois la fertilité. Aussi, il existe des risques de récidives de 20 % environ suite à une première GEU. 

Néanmoins, si au moins une des trompes de Fallope a pu être conservée intacte, l’espoir est permis de vivre sereinement une nouvelle grossesse sans complications. 

Restez confiante !