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Violences obstétricales, les langues se délient

Accoucher est un événement majeur dans la vie d’une femme. La manière dont il se passe peut être déterminant pour sa vie future mais aussi pour le lien qu’elle pourra tisser avec son bébé. Parfois, l’expérience est douloureuse, voire violente. En cause : des paroles blessantes, humiliantes, des actes imposés aux parturientes par le personnel médical, un manque cruel d'explications... Ces maltraitances ont été regroupées récemment sous le nom de violences obstétricales.

Violences obstétricales, les langues se délient

C’est quoi exactement des violences obstétricales ?

Le jour de l’accouchement, surtout si c’est le premier, vous vous en remettez souvent au corps médical, là pour vous accompagner dans la mise au monde de votre bébé. Seulement voilà, entre stress, fatigue et pression quotidienne, les sages-femmes et médecins en oublient parfois d’être à l’écoute des femmes dont ils croisent le chemin. Si eux ne s’en souviendront pas, les femmes, elles, peuvent rester traumatisées de cette expérience difficile. Des propos infantilisant du style « elle va se calmer la petit dame », des épisiotomies imposées, une expression abdominale effectuée pour sortir le bébé, ou encore une révision utérine sans anesthésie, à partir du moment où vous n’êtes pas respectée et prise en compte, que la douleur des mots et celles des actes est subie et non-écoutée, on peut parler de violences obstétricales.

Le consentement de la patiente parfois oublié

Depuis la loi Kouchner de 2002 sur le droit des malades, tout acte médical requiert le consentement libre du patient, et a fortiori de la femme enceinte ou qui accouche. L’acte doit lui avoir été expliqué et proposé. L’épisiotomie, par exemple, est parfois exécutée sans même que vous soyez consultée. Les chiffres parlent d’ailleurs d’eux-mêmes : selon l’Inserm, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, l’épisiotomie est pratiquée dans 44 % des naissances, alors que ce geste devrait être effectué uniquement en dernier recours et que son efficacité est largement décrié par le Collège national des gynécologues et obstétriciens français. En effet, selon le CNGOF, « La pratique libérale de l’épisiotomie ne prévient pas la survenue des déchirures périnéales du 3e et du 4e degré ». Pourquoi est-elle encore pratiquée aussi souvent alors ? En équipe restreinte, quand plusieurs accouchements se déroulent en même temps, elle permet souvent de sortir plus rapidement le bébé… Il y a aussi le cas du décollement de membrane, parfois douloureux et souvent inutile, effectué lors d’un toucher vaginal, lorsque vous approchez du terme ou que vous l’avez dépassé, sans même vous le dire. Ces situations ne concernent évidemment pas tous les soignants ni toutes les maternités ! Beaucoup d’équipes médicales font de leur mieux, avec les moyens qu’elles ont, malheureusement très limités en général.

Des situations de souffrances banalisées

Peu de femmes qui ont vécu un accouchement traumatisant portent pourtant plainte. Pourquoi ? Par manque d’information, d’assurance, ou tout simplement par peur de remettre en question les médecins, censés respecter et écouter leurs patients. Ou aussi parce qu’elles se disent que c’est comme ça que ça se passe. Les femmes sont bien souvent mises à l’écart de leur propre accouchement : les médecins savent, elles, non. Elles n’ont pas le choix que d’écouter. Après un premier accouchement dont elles n’ont été que spectatrices, certaines se tournent, quand elles le peuvent, vers un accouchement physiologique en maison de naissance ou à domicile. Accompagnée durant toute leur grossesse et la naissance par une sage-femme, elles se sentent écoutées et actrices de la naissance de leur enfant.

Il est primordial de parler de votre accouchement à votre gynécologue ou votre sage-femme, si vous l'avez mal vécu ! Et si vous n’avez pas encore accouché, ayez en tête que vous avez le droit de dire non à certains actes.  Et encore une fois, même si ces cas donnent froid dans le dos, il ne s’agit pas absolument pas de la majorité des accouchements ! Fort heureusement, la plupart des équipes sont formidables, elles rendront le jour de la naissance de votre enfant encore plus inoubliable !

 

 

Publié le 18/10/2017 à 10:19

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