Hemorragie post partum
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Tout savoir sur l'accouchement

L'hémorragie du post-partum


Ecrit le 15/11/2017 par Pauline Dewinter, Rédactrice Web

Perdre du sang après l’accouchement est tout à fait normal. Mais quand le saignement ne s’arrête pas, qu’il est important ou que le flux sanguin augmente, il est question d’hémorragie du post-partum. Une complication de l’accouchement qui inquiète les futures mamans, mais qui reste heureusement peu fréquente et aujourd’hui bien prise en charge

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Qu’appelle-t-on une hémorragie du post-partum ?

L’hémorragie du post-partum (ou HPP) se caractérise par une perte de sang au moins égale à 500 ml survenant chez la femme juste après l’accouchement, ou dans les 24 heures qui le suivent.
Elle peut se produire lors d’un accouchement par voie basse, mais aussi au cours d’une césarienne. Le volume des pertes sanguines à mesurer est alors porté à 1000 ml en raison d’un saignement plus important lié à l’acte chirurgical.
L’hémorragie est considérée comme sévère si le saignement dépasse 1000 ml dans le premier cas et 1500 ml dans le second.

Quelles sont les causes de l’hémorragie du post-partum ?

Il est malheureusement impossible de prévoir une hémorragie, utérine ou non, et les causes peuvent être diverses.

  • L’hémorragie du post-partum peut être due à une atonie de l’utérus : l’utérus ne se contracte pas ou pas assez, ce qu’il devrait normalement faire après l’accouchement. Le muscle utérin ne parvient alors pas à stopper les saignements normaux, également appelés lochies, qui se produisent après la délivrance. 
  • L’hémorragie dite de la délivrance se produit quand le placenta n’est que partiellement ou pas du tout expulsé au moment de la délivrance. L’obstétricien ou la sage-femme procèdent alors à une révision utérine ou à une délivrance artificielle pour décoller manuellement les restes ou la totalité du placenta.
  • Une HPP peut également survenir suite à une déchirure importante du vagin, de l’utérus ou de la paroi utérine lors de l’accouchement.

À noter que l’utilisation d’ocytocine pour stimuler les contractions, déclencher l’accouchement ou accélérer le travail augmenterait les risques de provoquer une hémorragie postpartum.

Comment prévenir l'hémorragie post-partum ?

Quels que soient les antécédents de santé de la patiente, la prévention est essentielle. Tout au long de la grossesse, les consultations prénatales et la consultation anesthésiste visent, entre autres, à mettre en place les mesures nécessaires en cas d’hémorragie. 
À la maternité, une surveillance régulière de la tonicité de l’utérus est notamment primordiale. En vérifiant qu’il se contracte bien, par palpation, l’équipe médicale se donne toutes les chances de repérer en amont un éventuel problème et donc d’organiser une prise en charge rapide.
Juste après la naissance, chaque femme est placée sous surveillance rapprochée durant deux heures, moment où la survenue d’une hémorragie postpartum est la plus fréquente. Cette vigilance obstétricale est ensuite allégée, mais prolongée durant 24 heures.
En 2012, l’OMS dans ses « Recommandations pour la prévention et le traitement de l’hémorragie du post-partum », mentionnait l’administration d’utérotoniques (ocytocine, prostaglandine, par voie intraveineuse) pour favoriser la contraction de l’utérus et limiter, de façon préventive, la survenue d’une hémorragie post-partum.

Identifier les grossesses à risques

Certains facteurs de risque peuvent favoriser l’apparition d’une hémorragie chez la femme enceinte, au moment de l’accouchement. 

  • L’échographie révèle un placenta praevia (placé devant le col de l’utérus, il empêche la naissance par voie basse), ou un placenta accreta (placenta adhérent en totalité ou partiellement à la paroi utérine)
  • L’utérus est distendu par une grossesse multiple ou un gros bébé, par la présence de liquide amniotique en excès ou parce que la patiente a déjà eu plusieurs enfants
  • L’accouchement est long
  • La future mère a plus de 35 ans
  • Il existe un antécédent de HPP
  • Enfin, l’hypertension, les problèmes de coagulation du sang, le diabète, sont d’autres causes qui, si elles existent, augmentent le risque d’hémorragies utérines.

Comment est stoppée une hémorragie du post-partum ?

Atonie utérine, expulsion partielle ou non-expulsion du placenta, l’obstétricien ou la sage-femme peuvent pratiquer une révision utérine ou une délivrance artificielle pour aider au décollement. Des médicaments favorisant la contraction de l’utérus sont à ce stade généralement injectés.
Si cela ne suffit pas, le traitement consiste à boucher les artères qui irriguent l’utérus pour favoriser l’hémostase. On parle d’embolisation. Si la patiente est instable, une ligature peut être pratiquée. Enfin, dans de rares cas, lorsque les autres pratiques n’ont pas fonctionné, l’utérus doit être retiré : une hystérectomie est alors réalisée. Si la maman a perdu beaucoup de sang, elle peut alors être transfusée.
Heureusement, même si elle reste la principale cause de décès maternel en France, l’hémorragie du post-partum ne concerne que 5 % des accouchements en France chaque année, dont 2 % de façon sévère. Grâce au travail des équipes médicales, elle est de moins en moins fréquente et généralement très bien prise en charge.