maman en train de pleurer pendant l'accouchement et après une épisiotomie
favoris
Episiotomie

Tout savoir sur l'épisiotomie


Ecrit le 31/07/2019 par Chrystelle Lacouara, Rédactrice
Modifié le 13/06/2022 par Jennifer Trouille, Rédactrice Web

Prédire comment se déroulera votre accouchement est impossible. Mais si vous avez choisi d’accoucher dans une maternité, une équipe médicale sera près de vous pour vous rassurer et vous accompagner. Parmi les gestes qui peuvent être pratiqués en cas d’urgence, il y a l’épisiotomie. Alors quelle est cette pratique qui effraie de nombreuses futures mamans ? Peut-on l’éviter ? Comment se passe la cicatrisation ? On vous dit tout ce que vous devez savoir sur l’épisiotomie.

Pour vous accompagner avec des
guides experts, coffrets et bons plans, dites-nous où vous en êtes :

Qu'est-ce qu'une épisiotomie ? 

Pratiquée lors de l’accouchement, l’épisiotomie consiste à couper les muscles superficiels du périnée au niveau du vagin sur quelques centimètres de longueur. L’épisiotomie peut se faire vers l’anus ou dans un axe situé légèrement sur le côté (épisiotomie dite médio-latérale). La section est ainsi superficielle, au niveau de la peau, mais aussi interne, au niveau de la muqueuse vaginale.

À quoi sert une épisiotomie durant l'accouchement ?

L’épisiotomie permet d'agrandir l'entrée du vagin lorsque celui-ci est trop étroit, et ainsi faciliter le passage du bébé. Cette intervention chirurgicale permet d’accélérer l’expulsion, notamment si votre bébé est en souffrance et doit sortir rapidement. Elle peut aussi parfois être pratiquée lors de l’utilisation d’instruments chirurgicaux pour aider le bébé à naître (forceps, ventouse ou spatules).

Comment se déroule une épisiotomie ?

L’épisiotomie est pratiquée sans anesthésie par le gynécologue obstétricien ou la sage-femme lors d’une contraction

Les règles d’hygiène pour effectuer une épisiotomie sont les mêmes que pour toute intervention chirurgicale :

  • le praticien doit porter une blouse, des gants stériles après s’être lavé les mains de façon chirurgicale, et porter un masque ou une visière ;
  • il doit vous informer de la nécessité de pratiquer cette incision et obtenir votre consentement ;
  • la zone à inciser doit être nettoyée, rincée, séchée, désinfectée ;
  • un champ stérile est ensuite installé.

Une fois l’incision effectuée, que bébé est né et que le placenta est expulsé, vous serez recousue. Pour ce faire, la sage-femme réalisera des points de suture grâce à des fils résorbables sur chaque plan incisé : cela peut prendre jusqu’à une demi-heure. Une anesthésie locale sera faite pour cette suture si vous n’avez pas eu de péridurale lors de la phase de travail. 

Est-ce que l'épisiotomie fait mal ?

Suite à une péridurale, vous ne sentirez aucune douleur grâce à l’effet de l’anesthésie. Si vous avez décidé d'accoucher naturellement, pas d’inquiétude : le geste est effectué durant une poussée. Durant ce moment, la tête du bébé appuie fortement sur le périnée, ce qui lui permet de s’étirer, rendant ainsi l’intervention quasiment insensible. De retour en chambre, et les jours suivants, vous pouvez être gênée par la cicatrice et ressentir une douleur lorsque vous vous asseyez. Des antidouleurs peuvent vous être administrés. En revanche, si au bout de plusieurs mois votre épisiotomie vous fait toujours mal, parlez-en rapidement à votre sage-femme.

Les soins de l’épisiotomie à la maternité et chez vous

Pendant votre séjour à la maternité, puis une fois rentrée à la maison, votre cicatrice sera surveillée par une sage-femme afin de s’assurer qu’il n’y a aucun risque d’infection post-accouchement. Pour prendre soin de votre épisiotomie, pas besoin de désinfectant : il suffit de vous laver avec votre nettoyant intime habituel, de vous rincer avec précaution et de sécher délicatement en tapotant. La cicatrisation de l’épisiotomie se fait généralement en deux semaines et les fils des points de suture tombent tout seuls au bout de quelques jours.

Comment éviter une épisiotomie ?

Pour éviter les risques de déchirures ou d’épisiotomie, vous pouvez masser votre périnée à l’aide d’une huile végétale durant les derniers mois de votre grossesse. Cela permettra aux muscles de s'assouplir avant l’accouchement. 

Que faire si je ne souhaite pas d’épisiotomie ?

Comme tout acte chirurgical, une épisiotomie nécessite le consentement de la future maman. Vous ne souhaitez pas d'épisiotomie ? Faites-en part à l’équipe médicale présente lors de votre accouchement. Néanmoins, il arrive parfois que le consentement passe à la trappe. N’hésitez pas à informer votre gynécologue ou la sage-femme de votre décision lors des consultations médicales de suivi de grossesse. Pensez également à rédiger un projet de naissance qui stipule votre refus d’épisiotomie sauf en cas d’extrême urgence. En cas de changement d’équipe le jour de l’accouchement, cela permettra que l’information soit transmise.

Dans quels cas l’épisiotomie est-elle vraiment nécessaire ?

L’épisiotomie est un acte parfois indispensable pour ne pas mettre en danger la santé de votre bébé, notamment dans les cas suivants :

Il est alors important de faire confiance à l’équipe médicale présente. Le médecin peut notamment proposer une épisiotomie afin de prévenir une déchirure plus importante vers le sphincter anal. Mais encore une fois, elle se fait à la dernière minute, au cas par cas.

L’épisiotomie, une pratique en net recul dans les maternités

S’il y a 30 ans, le taux d’épisiotomie pour un premier enfant était de 70 %, il a depuis baissé. En 2005, le Collège national de gynécologues obstétriciens français (Cngof) recommandait de faire baisser ce taux à 30 %, étant donné qu’il n’est pas prouvé que l’épisiotomie réduit significativement les risques de déchirures. Ainsi, en 2010-2013, le taux d’épisiotomie dans l’Hexagone était à 31 %, dont 47 % pour un premier accouchement. Aujourd’hui, les maternités continuent d’œuvrer dans ce sens : le taux atteint les 20 % en moyenne, dont 34,9 % pour un premier bébé. Certaines maternités font figure de très bons élèves : le CHU de Nanterre avoisine un taux d’épisiotomie de 2,5 % et le CHU de Besançon est premier de la classe avec 1 %. Preuve qu’il est possible de limiter le recours à l’épisiotomie. Cela passe notamment par la formation des sages-femmes et gynécologues à des manœuvres permettant de préserver le périnée.