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Rééducation du périnée

Les fuites urinaires après l'accouchement


Ecrit le 05/12/2025 par Elodie Grégoire, Rédactrice web / SEO
Relu et approuvé par un expert : Amélie Bonfils, Kinésithérapeute

Après l’accouchement, vous pourrez avoir quelques désagréments, notamment ce que l’on appelle des fuites urinaires. Plutôt fréquentes pendant la grossesse, elles le sont aussi après la naissance, mais sont souvent taboues. On fait le point sur ce petit souci qui peut être une vraie gêne au quotidien.

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Fuites urinaires après une grossesse : pourquoi elles surviennent ?

Pendant la grossesse et après la naissance, votre corps traverse de nombreux changements qui peuvent fragiliser le périnée et modifier le fonctionnement de la vessie. Entre la pression exercée par l’utérus, les variations d’hormones et l’effort de l’accouchement, les muscles du plancher pelvien sont fortement sollicités. Résultat : l’incontinence urinaire post-partum est fréquente, même si on en parle encore trop peu.

Qu’est-ce qu’une fuite urinaire post-partum ?

Une fuite urinaire correspond à une perte involontaire d’urine, sans que l’envie d’uriner soit présente. On estime que 20 à 30 % des femmes ayant accouché seraient concernées par ce phénomène. Ces pertes peuvent survenir à n’importe quel moment de la journée, parfois sans prévenir.

Quels sont les symptômes des fuites urinaires après une grossesse ?

Les fuites peuvent apparaître lors d’un effort (toux, éternuement, course, éclat de rire) ou dans des gestes du quotidien, comme se pencher, finir d’uriner ou simplement se lever. Certaines femmes ressentent aussi une sensation d’air ou une pesanteur dans le bas du ventre.

Dans le temps, ces fuites deviennent souvent prévisibles : vous savez que dans certains moments « oups », comme les appelle une célèbre marque de protections, le risque est plus élevé.

Combien de temps durent les fuites urinaires après l'accouchement ?

Juste après la naissance, le périnée et la vessie ont besoin de temps pour se remettre du travail de l’accouchement. Les fuites peuvent donc durer quelques jours ou quelques semaines, selon la façon dont l’accouchement s’est déroulé et la tonicité du plancher pelvien avant la grossesse.

Quelle est la durée moyenne des fuites urinaires post-partum ?

Après un accouchement par voie basse, il est fréquent d’avoir des pertes involontaires d’urine pendant les premières semaines. Ce phénomène est courant, car la grossesse, le passage du bébé et les variations d’hormones ont mis le périnée à rude épreuve.

Pour la plupart des femmes, les troubles urinaires diminuent progressivement, surtout dès que la rééducation périnéale commence. Les symptômes s’atténuent généralement entre 3 et 10 semaines, ce qui permet de retrouver un meilleur confort au quotidien.

Certaines femmes peuvent toutefois ressentir des envies pressantes plus longtemps, notamment en présence de facteurs de risque (efforts physiques, pratiques sportives intenses, variations hormonales, etc.).

Combien de temps faut-il pour que la vessie retrouve son fonctionnement normal après l'accouchement ?

La vessie met en moyenne quelques semaines à retrouver son fonctionnement habituel. Les derniers mois de grossesse et l’accouchement peuvent modifier sa sensibilité, ce qui explique les troubles urinaires du début du post-partum.

Dans la majorité des cas, tout rentre dans l’ordre entre 3 et 10 semaines, surtout lorsque la rééducation périnéale est commencée tôt. Menée par une sage-femme, elle aide à renforcer les muscles du périnée et à retrouver un meilleur contrôle urinaire.

Après une césarienne, la récupération peut être un peu différente, mais des exercices de Kegel doux ou certains dispositifs médicaux peuvent aider, selon l’avis du professionnel de santé.

Quand s'inquiéter des fuites urinaires après l'accouchement ?

Les fuites urinaires juste après la naissance sont normales. En revanche, il est recommandé de consulter si elles persistent au-delà de 3 mois, s’aggravent ou s’accompagnent d’autres symptômes (sensation de pesanteur, gêne au niveau du périnée, symptômes d’un prolapsus, douleurs, etc.)

Une consultation est également utile si les envies pressantes deviennent trop fréquentes, si la perte d’urine survient au moindre effort ou si cela affecte votre qualité de vie. Heureusement, des solutions d’experts existent : rééducation périnéale renforcée, dispositifs médicaux, et dans de rares cas, une opération chirurgicale.

La Sécurité sociale prend en charge la rééducation du périnée dans le cadre du post-partum, ce qui facilite l’accès à ces soins.

Quelles sont les causes des fuites urinaires après l’accouchement ?

Après la naissance, plusieurs mécanismes peuvent fragiliser temporairement le périnée et perturber la continence urinaire. La grossesse, l’accouchement et certains facteurs individuels jouent chacun un rôle dans l’apparition de ces fuites. Voici les principales causes.

Le rôle de la grossesse et des hormones

Pendant la grossesse, les hormones, notamment la relaxine et la progestérone, assouplissent naturellement les tissus, y compris ceux du périnée. Cette zone, qui soutient les organes pelviens (vessie, utérus, rectum), devient donc plus sensible.

La prise de poids, la posture de fin de grossesse et la pression constante sur la vessie accentuent cette fragilisation. Après l’accouchement, les variations hormonales peuvent continuer à perturber la continence pendant quelques semaines.

L’impact de l’accouchement par voie basse et du passage du bébé

Lors d’un accouchement par voie basse, le passage du bébé étire les muscles du plancher pelvien. Selon différents paramètres, durée de l’expulsion, poids du bébé, périmètre crânien, accélération du travail, utilisation d’instruments (forceps, ventouse), déchirure périnéale, le périnée peut être plus ou moins sollicité.

Ce surmenage musculaire explique la majorité des fuites urinaires d’effort observées après l’accouchement.

Les fuites urinaires après une césarienne : pourquoi ça arrive aussi ?

Même sans passage du bébé dans le vagin, une césarienne n’exclut pas les troubles urinaires. La grossesse fragilise déjà le périnée, et l’intervention chirurgicale peut perturber temporairement la sensibilité ou la coordination de la vessie.

L’alitement, les douleurs post-opératoires et certains traitements peuvent également retarder la reprise normale du contrôle urinaire.

Les facteurs de risque qui peuvent accentuer les symptômes

Certaines situations peuvent rendre les fuites plus fréquentes ou plus longues à disparaître :

  • antécédents de troubles urinaires ;
  • prise de poids importante pendant la grossesse ;
  • constipation ;
  • pratiques sportives trop intenses trop tôt ;
  • prolapsus génital débutant ;
  • variations hormonales importantes ;
  • plusieurs accouchements successifs.

Ces facteurs ne sont pas à l’origine des fuites à eux seuls, mais ils augmentent la pression sur la vessie ou retardent la récupération du périnée.

Quels sont les risques de ne pas traiter l’incontinence urinaire d’effort ?

L’incontinence urinaire après un accouchement s’améliore souvent avec le temps, mais lorsqu’elle n’est pas prise en charge, elle peut persister ou réapparaître plus tard. Les variations d’hormones, la reprise d’activités physiques intenses ou une nouvelle grossesse peuvent réveiller des symptômes qui semblaient pourtant s’être calmés.

La ménopause peut également être une période où ces troubles reviennent plus facilement si le périnée est resté affaibli.

Il est aussi important de rappeler que les fuites urinaires peuvent s’atténuer naturellement dans les semaines suivant l’accouchement. Avant de paniquer, mieux vaut attendre la visite postnatale, généralement 6 à 8 semaines après la naissance, puis échanger avec votre sage-femme ou votre kinésithérapeute pour faire le point sur la rééducation du périnée. En attendant, il est préférable d’éviter les sports à fort impact et de privilégier des activités douces comme la marche.

Troubles urinaires persistants

Lorsque les fuites urinaires se prolongent plusieurs mois, on parle de troubles persistants. Ils peuvent être liés à une faiblesse durable du plancher pelvien, à un mauvais recrutement musculaire ou simplement à une récupération plus lente après l’accouchement.
Un accompagnement par une sage-femme ou un kinésithérapeute spécialisé permet d’identifier l’origine du problème et de proposer des solutions adaptées.

Prolapsus génital et affaiblissement du plancher pelvien

Un périnée qui reste trop faible peut avoir du mal à soutenir efficacement les organes pelviens. Cela peut entraîner un début de prolapsus génital (descente d’organes) ou une sensation de pesanteur dans le bas du ventre.

Une prise en charge précoce, rééducation ciblée, dispositifs médicaux, conseils personnalisés, permet souvent de stabiliser la situation et d’éviter une aggravation.

Impact sur la qualité de vie et la vie intime

Des fuites urinaires non traitées peuvent peser sur la vie quotidienne : gêne lors des activités sportives, appréhension des “accidents”, perte de confiance… Le périnée joue aussi un rôle dans la sensation sexuelle, et un manque de tonicité peut parfois diminuer le plaisir.

Là encore, des solutions existent pour retrouver confort, confiance et liberté de mouvement.

Quels traitements pour les fuites urinaires et comment resserrer le périnée avec des exercices ?

La prise en charge des fuites urinaires après l’accouchement repose d’abord sur la rééducation périnéale. C’est elle qui permet de renforcer progressivement les muscles du plancher pelvien et de retrouver un meilleur contrôle urinaire. Selon votre situation, d’autres solutions peuvent compléter ce travail, comme des exercices à domicile, des dispositifs médicaux ou, plus rarement, une intervention chirurgicale.

La rééducation périnéale : le traitement de référence

La rééducation périnéale est le traitement le plus efficace pour réduire les fuites urinaires post-partum. Réalisée avec une sage-femme ou un kinésithérapeute spécialisé, elle permet de renforcer les muscles du périnée grâce à différentes techniques : exercices manuels, sonde, biofeedback…

Lors de la visite postnatale, votre gynécologue évalue vos besoins et détermine le nombre de séances nécessaires. Vous apprendrez également les bons gestes à adopter au quotidien pour protéger votre périnée et préserver les résultats à long terme.

La rééducation abdominale est elle aussi essentielle, car un bon gainage profond soutient la récupération du plancher pelvien. Si les fuites réapparaissent un ou deux ans après un premier cycle, il est tout à fait possible, et recommandé, de refaire une rééducation : elle peut être prescrite à tout âge. La Sécurité sociale la prend en charge dans le cadre du post-partum (dans la limite des règles habituelles de remboursement).

Les exercices à faire chez soi (exercices de Kegel, renforcement des muscles)

Pour soutenir le travail réalisé en séance, certains exercices peuvent être pratiqués à la maison. Les exercices de Kegel permettent d’apprendre à contracter puis relâcher le périnée de manière ciblée. Le renforcement profond des abdominaux et la respiration diaphragmatique aident également à améliorer le contrôle périnéal.

Ces exercices doivent être réalisés avec douceur et précision : un avis professionnel permet de s’assurer qu’ils sont effectués correctement et adaptés à votre situation.

Quand utiliser des dispositifs médicaux ?

Certains dispositifs médicaux peuvent compléter la rééducation, notamment en cas de gênes persistantes : pessaires pour soutenir le périnée, protections adaptées pour limiter l’inconfort, ou sondes connectées permettant un travail guidé à domicile.

Ils ne remplacent pas la rééducation, mais ils peuvent améliorer votre confort durant la phase de récupération.

Quand envisager une opération ?

Dans de rares cas, lorsque les fuites urinaires d’effort restent très gênantes malgré une rééducation bien conduite, une intervention chirurgicale peut être proposée. Les opérations utilisant des bandelettes sous-urétrales sont les plus courantes et concernent surtout les incontinences sévères. Cette décision se prend avec un spécialiste, après un bilan complet.

Solutions d’experts et accompagnement par une sage-femme

Votre sage-femme ou votre kinésithérapeute est votre meilleur allié pour retrouver une continence normale : suivi personnalisé, conseils d’hygiène de vie, repérage des facteurs aggravants…

Un accompagnement régulier permet d’adapter les exercices, de mesurer les progrès et de proposer d’autres solutions si nécessaire. La majorité des patientes constatent une nette amélioration grâce à ce suivi.