Mycose vaginale pendant la grossesse : tout comprendre
Ecrit le 12/12/2025 par Elodie Grégoire, Rédactrice web / SEO
Vous ressentez des démangeaisons intimes, des brûlures ou des pertes blanches plus épaisses que d’habitude depuis le début de votre grossesse ? Il s’agit probablement d’une mycose vaginale, une infection très fréquente pendant cette période.
Cette infection est généralement liée à la prolifération du champignon Candida albicans, qui profite des bouleversements hormonaux de la grossesse pour se développer davantage et perturber l’équilibre de votre flore vaginale.
Rassurez-vous. Même si elle est franchement inconfortable, la mycose vaginale reste bénigne, sans danger pour votre bébé, et se traite facilement avec des soins adaptés. Voyons ensemble comment reconnaître ses symptômes, comprendre ses causes et la soigner en toute sécurité pendant votre grossesse.
Sommaire
- Qu'est-ce qu'une mycose vaginale ?
- Pourquoi la grossesse favorise les mycoses vaginales ?
- Comment reconnaître une mycose vaginale chez la femme enceinte ?
- Une mycose vaginale peut-elle guérir sans traitement chez la femme enceinte ?
- Traitement sécurisé pendant la grossesse
- Mycose vaginale en fin de grossesse : quels dangers ?
- Prévenir les mycoses vaginales récidivantes
Qu'est-ce qu'une mycose vaginale ?
La mycose vaginale correspond à une infection intime provoquée par une prolifération excessive d’un champignon naturellement présent dans le vagin. Très fréquente chez la femme enceinte, elle apparaît lorsque l’équilibre de la flore vaginale est perturbé. Ce déséquilibre entraîne alors des symptômes typiques comme des démangeaisons, des irritations ou des pertes plus épaisses.
Définition et rôle du Candida albicans
Candida albicans est un champignon microscopique naturellement présent dans le vagin. Il cohabite normalement avec les bonnes bactéries de votre flore intime, sans provoquer le moindre symptôme.
Lorsque cet équilibre se dérègle, il peut se multiplier davantage et devenir responsable d’une mycose vaginale. Cette simple prolifération transforme un micro-organisme habituellement inoffensif en source d’irritations, de démangeaisons et de pertes épaisses.
Chez la femme enceinte, cette situation se produit plus facilement, car la flore intime devient plus sensible et réagit davantage aux variations du corps pendant la grossesse.
Différence entre mycose et infection vaginale
La mycose vaginale appartient aux infections causées par des champignons, et non par des bactéries. Elle se reconnaît surtout à ses pertes épaisses et blanches, généralement inodores, accompagnées de démangeaisons ou de brûlures.
À l’inverse, les vaginoses bactériennes résultent d’un déséquilibre des bactéries naturelles du vagin. Elles provoquent plutôt des pertes grisâtres et malodorantes, demandant une prise en charge spécifique, surtout pendant la grossesse.
En cas de doute, seul un professionnel de santé peut confirmer le diagnostic et vous orienter vers le traitement adapté.
Pourquoi la grossesse favorise les mycoses vaginales ?
La grossesse entraîne de nombreux changements dans votre corps, et votre flore vaginale n’y échappe pas. Sous l’effet des hormones et des variations naturelles de cette période, l’équilibre intime devient plus fragile, ce qui permet parfois au Candida albicans de se développer plus facilement. Plusieurs mécanismes expliquent cette sensibilité accrue aux mycoses pendant la grossesse.
Changements hormonaux et muqueuse vaginale
Pendant la grossesse, l’augmentation des œstrogènes modifie la muqueuse vaginale et la rend plus riche en glycogène, une substance dont les champignons raffolent. La paroi vaginale devient plus épaisse, plus humide et globalement plus favorable au développement du Candida albicans.
En parallèle, le système immunitaire se modifie naturellement pour s’adapter à la grossesse. Cette modulation rend parfois plus difficile la régulation de certains micro-organismes, dont les champignons.
L’ensemble de ces changements crée donc un environnement où les mycoses peuvent apparaître plus facilement, même chez les femmes qui n’en font pas habituellement.
Modification du pH et de l’équilibre de la flore vaginale
La grossesse peut également entraîner une variation du pH vaginal, habituellement maintenu entre 3,8 et 4,5. Cette acidité naturelle protège des infections grâce aux lactobacilles, les « bonnes » bactéries du vagin.
Lorsque ce pH se modifie, la flore vaginale perd une partie de sa capacité à se défendre. Les lactobacilles diminuent, laissant plus de place au Candida albicans pour se développer.
Cette perturbation de l’équilibre entre les différents micro-organismes rend la flore plus fragile, ce qui explique pourquoi les mycoses sont plus fréquentes pendant la grossesse.
Comment reconnaître une mycose vaginale chez la femme enceinte ?
Les mycoses vaginales provoquent des signes assez caractéristiques qui permettent souvent de les repérer rapidement, surtout pendant la grossesse où l’on devient plus attentive aux changements du corps. Certains symptômes reviennent très fréquemment et peuvent alerter, mais ils doivent toujours être confirmés par un professionnel de santé pour éviter toute confusion avec d’autres infections vaginales.
Démangeaison vulve et symptômes caractéristiques
Les démangeaisons de la vulve représentent le premier signal d'alarme d'une mycose pendant votre grossesse. Ces signes se manifestent par des sensations de brûlure intenses, particulièrement gênantes au niveau des grandes lèvres et de l'entrée du vagin.
Vous pourriez également ressentir une sensation de brûlure lors des rapports sexuels ou pendant la miction. Ces symptômes s'accompagnent généralement de pertes vaginales épaisses, blanches et inodores, ressemblant à du lait caillé.
La consultation d'un professionnel de santé ou de votre sage-femme reste indispensable pour confirmer le diagnostic et éviter toute confusion avec d'autres infections vaginales.
Pertes blanches et autres signes d'alerte
Vos pertes vaginales changent d'aspect et deviennent épaisses, crémeuses avec une texture grumeleuse rappelant le lait caillé. Cette modification constitue l'un des signes les plus reconnaissables d'une vaginite mycosique pendant la grossesse.
Contrairement aux pertes normales de grossesse, ces sécrétions ne dégagent aucune odeur désagréable mais peuvent présenter une légère odeur de levure. Elles adhèrent aux muqueuses et peuvent s'accompagner de rougeurs ou d'un gonflement des grandes lèvres.
D'autres symptômes peuvent apparaître comme des douleurs pendant les rapports sexuels ou une gêne persistante au niveau vulvaire. Ces signes d'alerte nécessitent une surveillance accrue pour distinguer la mycose d'autres infections plus préoccupantes pendant votre grossesse.
Une mycose vaginale peut-elle guérir sans traitement chez la femme enceinte ?
Bien que certaines femmes espèrent une guérison spontanée, une mycose vaginale pendant la grossesse nécessite toujours un traitement adapté. Sans prise en charge médicale, l'infection persiste et peut s'aggraver, provoquant un inconfort prolongé et des démangeaisons intenses.
Contrairement à d'autres périodes de votre vie, la grossesse fragilise vos défenses naturelles et maintient un terrain propice au développement d'une mycose. Les fluctuations hormonales continues empêchent l'équilibre de votre flore vaginale de se rétablir naturellement.
Seuls des médicaments antifongiques prescrits par votre professionnel de santé garantissent une guérison complète et préviennent les récidives. Cette approche protège également votre bébé des risques de transmission lors de l'accouchement.
Traitement sécurisé pendant la grossesse
Pendant la grossesse, les mycoses doivent être traitées avec des solutions adaptées, car tous les médicaments ne peuvent pas être utilisés. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des options locales sûres et efficaces, validées pour les femmes enceintes. L’objectif est de soulager rapidement les symptômes tout en protégeant votre bébé.
Ovules et crèmes adaptées aux femmes enceintes
Les traitements locaux sont les plus utilisés pendant la grossesse. Les ovules antifongiques à base de clotrimazole ou de miconazole, prescrits par un professionnel de santé, se placent directement dans le vagin, de préférence le soir pour une meilleure action.
Selon vos symptômes, une crème antifongique peut aussi être recommandée pour apaiser les démangeaisons et les irritations au niveau de la vulve. Comme ces traitements agissent uniquement sur la zone concernée, ils ne passent pas dans la circulation sanguine et sont considérés comme sûrs pour votre bébé.
Même si certains produits sont disponibles sans ordonnance, un avis médical reste indispensable avant de débuter un traitement pendant la grossesse.
Temps de guérison et suivi médical
Avec un traitement adapté, les premiers signes d’amélioration apparaissent souvent au bout de quelques jours. La disparition complète des symptômes demande généralement une à deux semaines, parfois un peu plus chez la femme enceinte en raison des variations hormonales.
Votre sage-femme ou votre médecin pourra prévoir une visite de contrôle pour vérifier que la mycose est bien résolue. Ce suivi est particulièrement utile pour limiter les récidives et ajuster le traitement en cas de besoin.
Une surveillance régulière jusqu’à l’accouchement permet de repérer rapidement un éventuel nouvel épisode et d’assurer votre confort tout au long de la grossesse.
Mycose vaginale en fin de grossesse : quels dangers ?
En fin de grossesse, les mycoses peuvent susciter quelques inquiétudes, notamment concernant l’accouchement. Rassurez-vous : dans la majorité des cas, elles restent bénignes et n’entraînent pas de complications pour le bébé. Certaines précautions permettent toutefois d’éviter une transmission au moment de la naissance.
Risques pour le bébé pendant l'accouchement
Si une mycose n’est pas traitée avant l’accouchement, un faible risque de transmission existe lorsque le bébé traverse le vagin. Le nouveau-né peut alors développer une candidose légère, souvent sous forme de muguet dans la bouche ou de petites rougeurs sur la peau.
Ces manifestations sont bénignes et se soignent très bien dans les premiers jours de vie. Le muguet apparaît sous forme de petites plaques blanches dans la bouche de bébé, ce qui peut rendre la tétée légèrement inconfortable, mais le traitement est simple et efficace.
Dans de rares situations, surtout chez les bébés prématurés ou de faible poids, une prise en charge antifongique spécifique peut être nécessaire. D’où l’importance de traiter la mycose avant la naissance dès que possible.
Mycose vaginale après accouchement
Après la naissance, le corps entre dans une période de transition qui favorise parfois l’apparition de mycoses. Les variations hormonales du post-partum, la fatigue, le stress et les protections hygiéniques moins respirantes peuvent fragiliser la flore vaginale.
La prise d’antibiotiques, notamment en cas de césarienne ou de complications, perturbe aussi l’équilibre naturel du vagin et peut favoriser la prolifération du Candida.
Pour limiter les risques, mieux vaut privilégier une hygiène douce, des soins adaptés au post-partum et des sous-vêtements respirants. Ces gestes simples contribuent à rétablir progressivement l’équilibre de la flore intime au cours des semaines qui suivent l’accouchement.
Prévenir les mycoses vaginales récidivantes
Quelques habitudes simples peuvent aider à réduire le risque de mycose pendant la grossesse, surtout si vous y êtes sujette. L’objectif n’est pas de tout changer, mais d’adopter quelques réflexes quotidiens qui soutiennent l’équilibre de votre flore intime.
Hygiène intime adaptée à la grossesse
Une toilette intime douce suffit largement pour préserver votre équilibre vaginal. Un savon au pH neutre, sans parfum ni ingrédients agressifs, est idéal pour éviter d’irriter la zone. Une à deux toilettes par jour sont amplement suffisantes : au-delà, cela peut fragiliser les défenses naturelles du vagin.
Les douches vaginales, les lingettes parfumées et les produits odorants sont à éviter, car ils perturbent la flore protectrice. Après être allée aux toilettes, l’idéal est de s’essuyer d’avant en arrière pour limiter les risques de contamination.
Des gestes simples, sécher soigneusement la zone intime, éviter les frottements et privilégier une hygiène douce, permettent souvent de prévenir les récidives. En cas de doute ou de besoin d’ajustements, votre sage-femme pourra vous conseiller en fonction de votre situation.
Habitudes vestimentaires et alimentaires
Certaines habitudes vestimentaires influencent aussi le risque de mycose. Les sous-vêtements en coton sont vos meilleurs alliés : ils laissent mieux circuler l’air et réduisent l’humidité. À l’inverse, les matières synthétiques ou les vêtements très serrés créent un environnement chaud et humide, favorable au développement du Candida albicans.
L’alimentation joue également un rôle. Réduire les sucres et les produits raffinés peut limiter la prolifération des champignons. Les aliments riches en probiotiques, comme les yaourts nature, peuvent contribuer à soutenir l’équilibre de la flore vaginale.
Ces petits ajustements du quotidien forment une routine simple et naturelle pour limiter les risques de récidive, surtout pendant la grossesse.
Vous souhaitez enrichir nos contenus ou partager votre expertise ?
Faites-nous part de votre expertise !
Pour accéder aux formulaires, vous pouvez modifier vos choix en acceptant les cookies.
👩🏫 Une suggestion pour cet article ?
Partagez vos retours sur cet article afin que notre équipe éditoriale puisse l’enrichir.
💡 Vous êtes expert(e) sur le sujet ?
Contribuez avec votre expertise pour nous aider à proposer des contenus fiables et enrichissants.

























