Échographie plaisir pendant la grossesse : ce qu'il faut savoir
Ecrit le 26/08/2026 par Elodie Grégoire, Rédactrice web / SEO Relu et approuvé par un expert : Clément WULVERYCK , Sage-femme échographiste
Envie de voir votre bébé bouger, sourire ou simplement exister en dehors de vos rendez-vous médicaux ? C'est une émotion légitime, partagée par de nombreux futurs parents tentés par une échographie plaisir, aussi appelée échographie de confort, souvenir ou émotionnelle. Pour vous répondre avec précision et bienveillance, nous avons travaillé cet article avec Clément Wulveryck, sage-femme échographiste avec plus de 14 ans d'expérience en échographie obstétricale et médecine fœtale. Ensemble, nous vous expliquons le cadre légal en France, les risques réels de cette pratique et surtout de vraies alternatives pour vous rassurer sereinement.
L'essentiel de l'article
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SOMMAIRE
- Qu'est-ce qu'une échographie plaisir ou de confort ?
- Pourquoi seulement 3 échographies pendant la grossesse ?
- Que dit la loi sur l'échographie plaisir en France ?
- Qui peut réaliser une échographie pendant la grossesse ?
- Ma sage-femme est diplômée en échographie : puis-je avoir un suivi plus rapproché ?
- Garçon ou fille : peut-on connaître le sexe du bébé avec une échographie 3D ?
- Est-il dangereux de faire des échographies tous les mois ?
- Que faire si j'ai besoin d'être rassurée pendant la grossesse ?
- FAQ : les questions les plus posées sur l'échographie plaisir
Qu'est-ce qu'une échographie plaisir ou de confort ?
Ce type d'échographie fascine autant qu'il interroge. Elle sort du cadre médical classique et répond à un désir affectif plutôt qu'à une indication de santé. Voyons ce qui la distingue du suivi médical habituel.
Quels sont les différents types d'échographie de grossesse ?
Le suivi de grossesse prévoit trois échographies médicales, chacune réalisée à un moment précis de la grossesse et répondant à un objectif spécifique : datation, étude de la morphologie et évaluation du risque de trisomie 21 au premier trimestre, étude approfondie de la morphologie au deuxième trimestre, vérification de la croissance et de la position du bébé au troisième trimestre. Nous détaillons chacune d'entre elles un peu plus bas. Chacune est réalisée par un professionnel de santé habilité (sage-femme ou médecin) et s'inscrit dans le suivi de grossesse classique.
L'échographie plaisir, aussi appelée échographie de confort, souvenir ou émotionnelle, est différente : elle ne poursuit aucun but médical et n'est pas rattachée à l'un de ces rendez-vous précis. Elle est demandée à l'initiative des parents, souvent dans une ambiance tamisée et musicale, pour offrir un moment de partage avec leur bébé. Elle ne permet ni de diagnostiquer une anomalie, ni de vérifier le bon développement du fœtus.
Échographie médicale | Échographie plaisir | |
Objectif | Dater la grossesse, dépister une anomalie | Offrir un souvenir émotionnel |
Qui la réalise | Sage-femme ou médecin habilité | Variable, souvent non habilité |
Prise en charge | Remboursée par la Sécurité sociale | À la charge des parents |
Cadre légal | Encadrée par la réglementation | Non autorisée en France |
Échographie 3D et 4D : quelles différences ?
Les améliorations techniques permettent depuis longtemps d'aller au-delà du profil en noir et blanc. L'échographie 3D donne une image en relief du bébé, figée dans une position donnée, où l'on distingue le visage, les mains ou les pieds. L'échographie 4D ajoute la dimension du mouvement en temps réel : bébé peut y bâiller, sucer son pouce ou ouvrir les yeux, un souvenir vivant qui séduit de nombreuses familles.
Bon à savoir : ces technologies ne sont pas réservées aux cabinets d'échographie plaisir. Votre sage-femme ou votre médecin peut tout à fait basculer quelques instants en 3D ou 4D pendant l'une de vos échographies médicales, si la position de votre bébé et le temps de l'examen le permettent, l'occasion d'un joli souvenir supplémentaire, sans examen ni déplacement en plus.
Pourquoi seulement 3 échographies pendant la grossesse ?
En France, le suivi recommandé par la Haute Autorité de Santé (HAS) pour une grossesse qui se déroule normalement comprend 3 échographies, chacune répondant à une question médicale précise :
- La première, entre 11 et 13+6 SA : elle date précisément la grossesse et étudie la morphologie du bébé
- La deuxième, autour de 22 SA : elle étudie plus en détail la morphologie de votre bébé qui est alors plus grand
- La troisième, entre 32 et 34 SA : elle vérifie sa croissance, sa présentation, l'insertion du placenta et étudie une dernière fois sa morphologie
Ce calendrier n'est pas propre à la France : l'Organisation Mondiale de la Santé recommande le même principe pour l'ensemble des pays, avec au moins une échographie avant 24 SA intégrée à un suivi de grossesse complet. Au-delà de ces 3 rendez-vous de dépistage, une échographie supplémentaire n'est proposée que si une situation médicale précise le justifie (suspicion d'anomalie, grossesse à risque, surveillance particulière) : jamais pour "voir si tout va bien" en dehors de toute inquiétude médicale.
Que dit la loi sur l'échographie plaisir en France ?
Le cadre est précis : tous les professionnels ne peuvent pas pratiquer l'échographie, et pas dans n'importe quelles conditions.
Un usage réservé aux médecins et sages-femmes
En France, l'usage d'un échographe fœtal est strictement réservé aux médecins et aux sages-femmes, et uniquement dans un but médical. C'est ce que fixent le décret n° 2017-91 du 26 janvier 2017 et l'arrêté du 20 avril 2018, qui encadrent la vente, la revente et l'utilisation de ce matériel d'imagerie. Concrètement, les échographies plaisir, souvenir ou émotionnelles ne sont pas autorisées sur le territoire français, y compris lorsqu'elles sont réalisées par un professionnel de santé qualifié. La réglementation est claire sur ce point : un examen échographique doit toujours répondre à une indication médicale précise, jamais à une simple envie de souvenir.
Attention, cela ne veut pas dire qu'il est interdit de repartir avec un souvenir de grossesse ! Ce qui n'est pas autorisé, c'est de réaliser une échographie en dehors de tout cadre médical. Rien n'empêche en revanche de garder une image ou une vidéo prise par votre échographiste pendant l'une de vos échographies médicales prévues dans votre suivi.
La condamnation de Dunkerque (juin 2025)
Cette règle n'a rien de théorique. En juin 2025, le tribunal judiciaire de Dunkerque a condamné une non-professionnelle de santé qui proposait des échographies plaisir en 3D et 4D dans son cabinet. Les faits retenus : exercice illégal de la médecine et usage non autorisé d'un échographe. Le Conseil national de l'Ordre des sages-femmes a salué cette décision, qu'il considère comme un signal fort face à la multiplication de ces pratiques commerciales.
Le principe ALARA et les ultrasons
Le principe ALARA (« as low as reasonably achievable ») impose de limiter l'exposition aux ultrasons au strict nécessaire pour atteindre un objectif médical. Aucun danger n'a été formellement démontré, mais l'Organisation mondiale de la santé recommande cette prudence par principe de précaution. Comme l'explique Clément Wulveryck : « Ce n'est pas la peur d'un danger prouvé qui justifie de limiter les échographies, mais la prudence : en médecine, on n'expose jamais sans raison, même quand le risque n'est pas démontré. C'est le même principe qui vous fait éviter les médicaments non indispensables pendant la grossesse. »
Bonne nouvelle : vous pouvez tout à fait demander une image ou une vidéo souvenir pendant une échographie déjà prévue dans votre suivi, sans prolonger l'examen.
Qui peut réaliser une échographie pendant la grossesse ?
Le rôle de la sage-femme et du médecin
Les sages-femmes pratiquent l'échographie obstétricale à condition d'avoir obtenu exactement le même diplôme complémentaire que les médecins échographistes : le DIU d'échographie en gynécologie-obstétrique (ou une qualification équivalente pour celles ayant débuté leur exercice avant 2011). Sages-femmes et médecins suivent la même formation complémentaire et sont soumis aux mêmes exigences pour être habilités à réaliser les échographies de dépistage de la grossesse.
Comme les médecins, elles réalisent les trois échographies du suivi de grossesse, dont l'échographie de datation, chacune accompagnée d'un compte-rendu détaillé incluant, au premier trimestre, la mesure de la clarté nucale. Ce nombre n'est pas arbitraire : il correspond aux indications médicales validées par la Haute autorité de santé. Qu'elle soit réalisée par une sage-femme ou un médecin, seule l'indication médicale détermine la fréquence des échographies, jamais le souhait des parents.
Ces cabinets d'échographie plaisir : que vendent-ils ?
Dans ces cabinets, ce qui est vendu n'a rien de médical. Ambiance tamisée, musique douce, coffret souvenir, vidéo à emporter : la mise en scène émotionnelle prime sur la compétence. Ces structures sont parfois animées par des personnes non habilitées, sans diplôme de sage-femme ni de médecin. Utiliser un échographe hors de ce cadre expose à des poursuites pour exercice illégal de la profession.
Ma sage-femme est diplômée en échographie : puis-je avoir un suivi plus rapproché ?
C'est une confusion fréquente, et légitime. Beaucoup de futurs parents pensent qu'une sage-femme formée en échographie obstétricale peut proposer des rendez-vous supplémentaires, simplement parce qu'elle en a la compétence technique. Ce n'est pas le cas.
La règle est la même pour tous les professionnels de santé, qu'il s'agisse d'une sage-femme échographiste ou d'un obstétricien : c'est l'indication médicale qui détermine la fréquence des examens, jamais la qualification du praticien ni la demande des parents. Une échographie n'est prescrite que si elle répond à un besoin de suivi précis, comme le dépistage de la trisomie 21 ou le contrôle du développement du fœtus.
Choisir un professionnel diplômé en échographie ne change donc rien au nombre de séances prévues. Ce cadre s'applique aussi aux autres examens de la grossesse, comme les prises de sang, réalisés selon un calendrier médical établi et non selon les envies du moment.
« Aucune sage-femme ni aucun médecin ne peut vous proposer d'échographie supplémentaire sans raison médicale, quelle que soit sa qualification, souligne Clément Wulveryck. Si on vous dit non, ce n'est donc jamais une question de bonne volonté du professionnel en face de vous, mais une règle commune à toute la profession. »
Garçon ou fille : peut-on connaître le sexe du bébé avec une échographie 3D ?
Savoir si l'on attend un garçon ou une fille reste l'une des questions les plus fréquentes chez les futurs parents. Ces images permettent-elles vraiment de connaître le sexe du bébé avec certitude ?
À quel moment voit-on le sexe du bébé de façon fiable ?
C'est l'échographie médicale du deuxième trimestre, réalisée autour de 22 SA dans le cadre du suivi classique, qui permet de déterminer le sexe de votre bébé avec une fiabilité proche de 100 %, grâce à l'expérience du professionnel et à la qualité de l'appareil médical utilisé. La 3D n'apporte rien de plus sur ce point précis : elle offre une image en relief, pas une meilleure fiabilité de détermination du sexe.
Le sexe du bébé peut parfois être suggéré dès la 16e semaine d'aménorrhée, soit environ 14 semaines de grossesse, y compris dans certains cabinets non médicaux. Mais à ce stade, la netteté de l'image dépend de nombreux facteurs : position du fœtus, poids maternel, quantité de liquide amniotique et expérience de la personne qui applique le gel et oriente la sonde. Ces variations expliquent un risque d'erreur bien plus élevé qu'à l'échographie du deuxième trimestre, où le résultat n'est jamais garanti à 100 % avant ce stade.
Pourquoi les promesses des cabinets sont risquées
Certains cabinets promettent une révélation du sexe garantie dès la prise de rendez-vous, mais cette promesse repose sur une interprétation visuelle subjective, sans le regard d'un professionnel de santé. Un cône d'ombre ou une image inversée peuvent suffire à induire les parents en erreur, d'où plusieurs faux positifs rapportés chaque année. Cette erreur peut provoquer une déception liée au sexe du bébé, surtout quand la découverte est vécue comme un temps fort de la grossesse. Seule une échographie médicale, réalisée par un professionnel habilité, offre une évaluation fiable.
Est-il dangereux de faire des échographies tous les mois ?
De nombreux parents se demandent si multiplier les échographies présente un risque pour leur bébé. Voici ce que disent les autorités de santé.
Combien d'échographies pendant la grossesse ?
Le suivi de grossesse classique prévoit trois échographies, réalisées par une sage-femme ou un médecin, chacune répondant à un but médical précis : dater la grossesse, vérifier son bon développement, dépister d'éventuelles anomalies. Cette fréquence n'est pas arbitraire : elle correspond au cadre du suivi de grossesse. Pour en savoir plus sur ces rendez-vous, direction notre page dédiée aux échographies de contrôle.
Multiplier les échographies : quels risques ?
À ce jour, aucune étude ne démontre de danger direct lié à la répétition des échographies. Mais le manque de recul sur une exposition fréquente aux ultrasons invite à la prudence. Une échographie médicale reste courte et ciblée, tandis qu'une échographie plaisir dure souvent plus longtemps, avec une intensité plus élevée pour obtenir une image nette. C'est pourquoi les autorités de santé s'en tiennent au principe ALARA évoqué plus haut : l'exposition doit rester limitée au strict nécessaire.
Que faire si j'ai besoin d'être rassurée pendant la grossesse ?
Avoir besoin de se rassurer pendant la grossesse est totalement légitime. Attendre un enfant s'accompagne souvent de questions, d'un peu d'anxiété, et d'une envie naturelle de sentir son bébé proche, même quand tout va bien. Bonne nouvelle : toutes les solutions ci-dessous font partie du suivi de grossesse classique, intégralement pris en charge par l'Assurance Maladie. Pas besoin de payer un examen supplémentaire pour vous sentir rassurée.
Voici les alternatives à privilégier :
- L'écoute du cœur du bébé au Doppler : lors de vos consultations de suivi, votre sage-femme ou votre médecin peut faire entendre les battements cardiaques de votre bébé, un moment simple, rapide et souvent très apaisant.
- L'entretien prénatal précoce : ce rendez-vous dédié permet d'exprimer vos inquiétudes et vos questions, et de mieux comprendre le déroulement de votre grossesse.
- Les séances de préparation à la naissance : elles offrent un espace d'échange régulier avec un professionnel de santé, propice à poser toutes vos questions.
- L'haptonomie : cette approche favorise le contact et la communication avec le bébé, par le toucher et le dialogue avec les parents.
- L'accompagnement psychologique périnatal : en cas d'anxiété marquée, un suivi spécifique peut vous aider à traverser cette période plus sereinement.
« Plutôt que de chercher de nouvelles images, parlez de vos angoisses à votre sage-femme ou à votre médecin. Ils sauront vous orienter vers la solution la plus adaptée à votre situation », conseille Clément Wulveryck.
FAQ : les questions les plus posées sur l'échographie plaisir
En France, aucune échographie réalisée en dehors d'un but médical n'est autorisée, quel que soit le trimestre de grossesse. Si votre objectif est simplement d'obtenir une belle image de votre bébé, ce sont les échographies médicales prévues dans le suivi de grossesse qui offrent les meilleures conditions, notamment celle du deuxième trimestre autour de 22 semaines d'aménorrhée, période où le visage est généralement bien visible. Bonne nouvelle : vos échographies médicales laissent en général un peu de temps pour profiter du moment et repartir avec de belles images souvenirs, sans qu'il soit nécessaire de prolonger l'examen ou d'en demander un de plus.
Les cabinets qui proposent ces prestations affichent généralement des tarifs allant de 50 à 150 euros, non remboursés par la Sécurité sociale. Ce montant ne finance pas un acte médical, mais une mise en scène : ambiance feutrée, musique, écran géant, parfois un album souvenir. Il est important de le rappeler : ces séances restent illégales dès lors qu'elles sortent d'un cadre médical, y compris lorsqu'elles sont proposées par un professionnel de santé qualifié.
Aucune structure en France n'est habilitée à proposer légalement ce type de prestation, quel que soit le lieu ou le professionnel mis en avant. Si vous ressentez le besoin de voir votre bébé ou d'être rassurée sur son développement, parlez-en à votre sage-femme ou à votre médecin : ils sauront répondre à cette demande dans un cadre sécurisé et adapté à votre suivi.
Sources
- Haute Autorité de Santé (HAS), recommandations sur le suivi des femmes enceintes
- CNEOF/CFEF, recommandations 2023
- Organisation mondiale de la santé (OMS), soins prénatals
- Conseil national de l'Ordre des sages-femmes
- Arrêté du 20 avril 2018
- Décret n° 2017-91 du 26 janvier 2017
- Tribunal judiciaire de Dunkerque, décision de juin 2025
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